Mâcher la bouche ouverte : ce n ’est pas qu ’un problème social

Récemment, j’ai reçu en consultation un enfant adressé pour un panel alimentaire très restreint, décrit comme petit mangeur et très agité à table. Lors de l’observation du repas, un élément clé est apparu : il mâchait la bouche ouverte.

On pense souvent que manger la bouche ouverte est une question de politesse ou de savoir-vivre. Mais, en réalité, les enjeux sont bien plus profonds, et touchent directement la respiration, l’énergie, la sécurité et le plaisir alimentaire.

À partir de quel âge un enfant est-il censé mâcher bouche fermée ?

La coordination respiration–mastication–déglutition se construit progressivement

-Avant 2 ans : la bouche ouverte pendant l’effort peut encore être observée

-Entre 2 ans ½ et 3 ans: la mastication bouche fermée devrait devenir majoritaire.

-Après 3 ans :une mastication bouche ouverte persistante doit interroger.

Ce n’est donc pas un détail anodin. Respirer est la priorité n°1 du cerveau.

Le cerveau de l’enfant a une priorité absolue : respirer. Mâcher la bouche ouverte pose un problème fondamental :

  •  il devient difficile de respirer et mastiquer en même temps
  •  la respiration devient plus saccadée
  •  le cerveau entre en hypervigilance pour éviter la fausse route par aspiration

Résultat :

  •  fatigue rapide
  •  instabilité posturale
  •  agitation
  •  fuite du repas
  • et parfois réduction volontaire de la mastication

Certains enfants avalent alors vite, mâchent peu, ou évitent les aliments coûteux en énergie.

Mâcher la bouche ouverte augmente aussi le risque de fausses routes

Contrairement à la respiration nasale (physiologique pendant le repas), respirer par la bouche pendant la mastication :

  •  perturbe la coordination
  •  augmente le risque de fausse route
  •  maintient le cerveau dans un état de vigilance permanente

Un enfant qui mange devient alors un enfant en alerte, pas un enfant en plaisir. On mange pour le plaisir… et le plaisir vient des saveurs.

Il est essentiel de différencier :

  •  le goût: perçu par la langue (sucré, salé, acide, amer, umami)
  •  la saveur: perçue grâce à l’olfaction rétronasale

Pour percevoir les saveurs, la bouche doit être fermée.

Faites l’expérience : bouchez-vous le nez, fermez les yeux, et essayez de distinguer du jambon et du saumon.

Vous percevrez :

  •  la texture (langue, proprioception)
  •  le goût

Mais pas la saveur. Sans respiration nasale efficace, le plaisir alimentaire diminue fortement.

 

À RETENIR

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À bientôt,

Marie.

 

Comprendre le développement sensori-moteur du bébé
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