Pourquoi forcer un enfant à goûter est contre productif. Ces phrases, « Allez, goûte juste une bouchée », « Tu verras, c’est bon », « Tu ne peux pas dire que tu n’aimes pas si tu n’as pas goûté », presque tous les parents les ont prononcées un jour.Elles partent d’une bonne intention : aider l’enfant à diversifier son alimentation. Et pourtant, demander à un enfant de goûter peut parfois produire l’effet inverse, en particulier chez les enfants sensibles, anxieux ou sélectifs. Alors arrêtons de demander à nos enfants de goûter et proposons leur une autre façon de faire.

Goûter n’est pas un acte neutre pour un enfant

Pour un adulte, goûter est souvent un geste simple, presque automatique. Pour un enfant, goûter mobilise beaucoup plus que la bouche:

  • ses expériences sensorielles passées,
  • son niveau de sécurité émotionnelle,
  • ses compétences motrices et oro-faciales,
  • sa capacité à tolérer la nouveauté.

Goûter, ce n’est pas seulement “mettre un aliment en bouche”. C’est accepter une expérience sensorielle inconnue, parfois vécue comme intrusive ou insécurisante.

Quand forcer à goûter devient contre-productif !

Chez certains enfants, surtout les plus sensibles, anxieux ou sélectifs, demander de goûter peut :

  • augmenter la pression autour du repas,
  • renforcer l’évitement alimentaire,
  • associer l’alimentation à une contrainte,
  • créer des conflits inutiles à table.

D’un point de vue neurodéveloppemental, c’est logique : le cerveau d’un enfant sous pression se met en mode défense, pas en mode découverte. Or, la découverte alimentaire nécessite sécurité, curiosité et disponibilité, jamais la contrainte. les nouvelles recommandations sont claires quand au fait de forcer son enfant à goûter. Lire les recommandations officielles

Voici quelques réactions qui nous montre que cela est compliqué pour l'enfant
Voici quelques réactions qui nous montre que cela est compliqué pour l’enfant

 

Goûter n’est pas la première étape de l’apprentissage alimentaire

On oublie souvent que goûter est une étape avancée, pas le point de départ. Avant de goûter, l’enfant doit pouvoir :

  • regarder l’aliment,
  • le sentir,
  • le toucher,
  • le manipuler

Toutes ces actions doivent être faite sans comportement de défense actives ou passives.

Ces étapes sont essentielles pour que le cerveau s’habitue progressivement à la nouveauté. Sans elles, demander de goûter revient à sauter des étapes clés.

L’exposition positive vaut mieux que de forcer à enfant à goûter

La recherche et la pratique clinique montrent que ce qui aide réellement un enfant à élargir son alimentation, ce n’est pas l’obligation de goûter, mais plutôt :

  • l’exposition positive répétée,
  • l’absence de pression,
  • un cadre sécurisant et prévisible,
  • des repas calmes, sans enjeu.

Un enfant peut accepter un aliment après l’avoir vu 10, 15 ou 20 fois, parfois plus Ce n’est ni un échec, ni un caprice : c’est le rythme normal du développement.

Et si on changeait notre façon d’accompagner ?

Plutôt que de dire : « Goûte. », on peut proposer : Tu peux regarder, Tu peux toucher si tu veux, Tu peux sentir, Tu peux laisser dans ton assiette. Ces phrases redonnent à l’enfant le contrôle sur son corps, tout en maintenant une exposition positive à l’aliment. Et paradoxalement, moins on demande à goûter, plus certains enfants finissent par le faire.

Si on veut demander à l’enfant de goûter un aliment, il faut lui proposer un défi atteignable. Un morceau qu’il va mettre en bouche sans peur, un morceau qui ne va pas engager la mastication complexe et un morceau qui ne va pas donner de ni de goût, ni de texture et ni de saveur. Il faut donc proposer à l’enfant une paillette. L’objectif est qu’il ne sente pas le morceau. 

Ma méthode des miettes
Une méthode pas à pas pour t’accompagner et aider l’enfant à goûter
Une paillette, plus petit qu'une miette
On commence par une paillette, à peine perceptible avec les yeux
On augmente progressivement en séance avec le thérapeute en alimentation
On augmente très progressivement avec un accompagnement par un thérapeute.

 

Pour découvrir notre outil complet

Ne pas forcer l’enfant à goûter, ce que cela ne veut pas dire

  • laisser l’enfant manger uniquement ce qu’il veut,
  • supprimer toute structure,
  • renoncer à l’accompagnement alimentaire.

Cela signifie : respecter les étapes du développement, de faire confiance aux compétences de l’enfant, et de sortir de la logique de performance alimentaire

Accompagner autrement, avec des repères clairs.

Comprendre ces mécanismes change profondément le climat des repas. C’est exactement ce que je propose dans l’outil VIP Ergomums: des clés concrètes pour accompagner l’alimentation de l’enfant sans pression, en tenant compte de son développement sensorimoteur et émotionnel.

À retenir

Un enfant n’a pas besoin qu’on lui demande de goûter. Il a besoin de temps, de sécurité et d’exposition positive.

Le goût viendra… quand le cerveau sera prêt.

Retrouve sur notre site, des outils pour accompagner la thérapie alimentaire et sur notre blog des outils gratuits et des articles afin de mieux comprendre et accompagner les enfants qui ont des difficultés à manger. Découvre notre site

Partir au ski avec un enfant hypersensible
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.

Vous aimerez aussi…

Partagez cet article ! 

Articles récents